Proposition de loi et d’orientation n° 1371 relative à la démographie médicale et à l’allongement de la vie. M. André Chassaigne – janvier 2009
"Adapter la démographie médicale aux besoins de tous les territoires
Depuis de longues années, les politiques d’État ont vidé les territoires de leurs activités économiques et de leurs services publics. Elles en ont fortement atténué l’attractivité et portent, de ce fait, une lourde responsabilité. Ceci explique, en partie, les difficultés pour y maintenir la présence de praticiens généralistes. Ces difficultés ont été amplifiées par la pénurie des formations, sciemment programmée depuis plusieurs décennies. Pour cette raison, il faut supprimer les numerus clausus, établis sur le prétexte fallacieux d’une limitation des dépenses de santé, et qui ont débouché sur la pénurie des praticiens. Parce qu’il est le pilier du système de santé en milieu rural, le médecin généraliste y est reconnu et apprécié, notamment pour son rôle social. Cependant, la lourdeur de la permanence des soins ainsi que les contraintes administratives, propres à sa fonction de médecin traitant, amplifient ses difficultés et son isolement. Il est d’autant plus indispensable d’améliorer les conditions d’exercice que la féminisation de la fonction s’accélère.
Des maisons de santé, implantées au cœur de « bassins d’urgence médicale », peuvent permettre une activité pluridisciplinaire qu’il faut conforter par des formations universitaires décentralisées, dans le but de fidéliser les étudiants et de favoriser ainsi leur future installation. L’implantation de ces maisons de santé doit être communément définie par les collectivités territoriales concernées, par les représentants de l’assurance maladie et par l’ARH, dans le cadre d’un maillage territorial judicieux. Le choix de cette implantation doit s’effectuer sur la base d’une péréquation prenant en compte les contraintes « distance/temps », l’âge des populations et les services existants. Enfin, une concertation devra s’engager entre les établissements hospitaliers publics et les médecins de ville pour que ces derniers disposent des services nécessaires au sein de chaque centre hospitalier afin d’y envoyer leurs patients en toute sécurité.
Enfin, des mesures incitatives doivent être définies pour sensibiliser les étudiants à la pratique des soins en milieu rural. Comme cela a été réalisé par le passé pour certains corps enseignants, il est nécessaire de réfléchir à la possibilité d’un financement et d’une rémunération au cours des études, en contrepartie d’un engagement à exercer durant une période définie dans une zone à la couverture médicale insuffisante. "
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion1371.pdf
Source : assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr
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